Penser les maux du travail avant de les panser

Le soufflé du bonheur au travail est retombé brutalement il y a quelques mois, refroidi par un fort vent de critiques. L’engouement a laissé place à la condamnation, les arguments de l’accusation tournant autour des excès d’un bonheur dévoyé, instrumentalisé et proposé comme une poudre de perlimpinpin par des chiefs happiness officers chargés d’endormir les malaises rampants dans leur entreprise.

 

Je crois que tout engouement mène à des excès, et que ces effets de balancier permettent finalement de trouver la juste mesure. Quelle pourrait donc être cette voie du milieu ?

 

L'angoisse du bonheur

 

Le concept de bonheur au travail est apparu il n'y a pas si longtemps, comme un "contre-poison" face à l'émergence de nombreuses souffrances au travail. Le travail est généralement plus vu comme un dur labeur que comme une source de bonheur. Et ce qui est amplement partagé, ce sont tous ces "trop" (trop de pression, de contrôle, de hiérarchie, de réunions....), et ces "pas assez" (pas assez de sens, d'autonomie, de créativité, de droit à l'erreur, de confiance...). Cet inventaire montre bien que ce ne sont ni les palmiers dans l'open space, ni les cours de yoga entre 13h et 13h30 qui vont amener un mieux-être profond et durable. Il y a même le risque de voir certains collaborateurs se sentir encore plus mal de ne pas réussir à se sentir mieux, malgré tout ce qu'on fait pour eux !

 

S’épanouir devient une exigence, aussi bien dans la vie personnelle que professionnelle. Et le travail doit contribuer à ce bonheur devenu une injonction. Pourquoi est-ce si pressant ? Il y a les raisons liées au travail, vécu comme une activité qui « nous travaille », nous angoisse. Et il y a les raisons qui nous ramènent à notre sensibilité vis-à-vis de la contrainte et de l’effort. Les nouvelles générations supportent de moins en moins les obligations, le cadre, la hiérarchie.

 

De l'angoisse sans bonheur, on passe à l'angoisse du bonheur !

 

 

Le bonheur sous pression

 

Aussi, la quête de sens a été érigée en maître de nos destinées professionnelles. Notre travail doit avoir du sens. L'essor du travail "intellectuel" et des organisations gigantesques nous a éloignés de la satisfaction immédiate de voir les résultats de notre contribution. Ceci éclaire aussi l'engouement que l'on observe actuellement pour les "métiers manuels", et ces reconversions version 180 degrés de l'ancien directeur financier qui devient restaurateur de tableaux, ou de la responsable marketing qui ouvre une pâtisserie. Nous avons fondamentalement besoin de "faire", et d'être conscients de pour quoi nous le faisons.

 

En plus, aujourd’hui, nous avons tant de choix qu'il devient difficile de décider avec assurance que le métier que nous exerçons est vraiment celui qui a du sens pour nous. Nous blâmons la perte de sens au travail, et nous-même nous sommes parfois perdus parmi toutes les orientations que nous pourrions choisir... Autrefois, nous nous engagions dans une voie professionnelle, souvent plus par raison que par passion, puis nous tracions ce sillon jusqu'à ce que retraite s'ensuive. Maintenant, nous avons le choix, et l'embarras qui l'accompagne. La question du sens nous taraude, et ayant la possibilité de nous réorienter, avec de plus en plus d'exemples de personnes qui ont osé franchir le pas, nous ressentons une pression nouvelle. Il ne suffit plus d'avoir un travail, encore faut-il que celui-ci ait un sens.

 

Finalement, la pression au bonheur a mis le bonheur sous pression.

 

 

Penser les maux avant de les panser

 

Cette question du sens est bien souvent à l'origine du divorce entre les collaborateurs assoiffés, et l'entreprise qui ne sait plus à quelle source puiser. Alors, on fait un pas de côté, et on brandit le bonheur au travail pour tenter d'étancher cette soif. Cette approche cache toutefois un piège : celui de vouloir créer la « recette du bonheur », en mélangeant un certain nombre d’ingrédients tangibles, avec pour objectif l’atteinte d’un état de bonheur, gage de réussite financière pour l’entreprise. Et la réussite n’intervient pas de surcroît. Elle est l’objectif.

 

On voit que les écueils du bonheur au travail sont nombreux : les intentions sont rarement limpides, ses composantes sont multifactorielles, il est surtout éminemment personnel. Alors, poser le mot bonheur relève peut-être d'une maladresse. Le poids des mots devient parfois lourd à porter. On a voulu panser les maux avant de penser, vraiment, ce qu'il convenait de faire. Il est parfois sage de ralentir avant d'agir. Ralentir pour trouver la bonne direction, retrouver le bon sens.

 

N’est-ce pas du bon sens dont nous avons besoin ?

 

Le bon sens qui permet de discerner avec sagesse ce dont le monde du travail a réellement besoin. Ces hommes et ces femmes désengagés et désabusés ont pour beaucoup besoin de renouer avec le sens de ce qu’ils font. Mais aussi, j’ai envie d’évoquer ici le sens en tant que sensation, en tant que ressenti.

 

Cela ouvre une autre voie, celle de la joie au travail. Alors que le bonheur se construit et peut paraître complexe, la joie se vit au présent, simplement. Elle est sensation physique, elle nous met en mouvement, nous indique une direction (un sens !), nous fait nous sentir bien vivants, ne fut-ce que pour un instant. La joie peut s’insinuer dans les interstices des difficultés de nos journées. Même dans un quotidien où ça coince, où ça grince, la joie peut se faufiler. Nous y avons tous accès.

 

Et si nous cultivions la joie sur les terres du travail, en lâchant les injonctions au bonheur et en nous ouvrant simplement à ces moments de grâce ?

 

J'ai créé un livret complet pour vous aider à raviver la flamme de la joie au travail. Il est gratuit, et accessible ici !

 

Anne-Valérie Rocourt

Joyissime

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