Reconversion : Pression et (dés-)illusions

Entamer une reconversion, il y a plus de dix ans, c’était vraiment perçu comme très risqué et réservé à quelques illuminés. Quand on était engagé dans une voie, on y restait jusqu'à la retraite. Oui, quelques bifurcations étaient possibles, mais rarement le retournement radical qui transforme la responsable marketing en pâtissière ou le comptable en ébéniste.

 

Il y a dix ans, j'ai entamé une première reconversion, de la banque à l'architecture intérieure. Mes parents étaient effondrés. Et pas seulement eux ! Puis nouveau revirement deux ans plus tard, vers la voie sur laquelle je m'épanouis maintenant. Second effondrement pour mes parents. Et culpabilité de l'éparpillement, qui depuis s'en est allée...

 

Aujourd’hui, se reconvertir est presque devenu à la mode. Et on nous montre de nombreux exemples de transformations glorieuses – le plus souvent d’un métier « intellectuel » à une activité « manuelle » (la seconde n’excluant évidemment pas la dimension intellectuelle !)

 

Cette tendance est même portée par un discours exaltant qui tourne autour du nouveau dogme : « trouvez votre passion, faites-en votre activité, et vous serez heureux ». Cette vision idyllique de la reconversion est un leurre, qui mène beaucoup d’ex-salariés dans une impasse.

 

D’abord, la passion est un piège. Il y a celles et ceux qui n’ont pas de véritable passion, et qui de ce fait se sentent presque coupables de ne pas êtes animés par cette flamme.

 

Et puis il y a les autres, qui ont identifié « leur passion », et ont confondu souvent avec un engouement : un engouement qui ne résistera pas aux épreuves inévitables sur le chemin de la reconversion – et de l’entrepreneuriat.

 

On rencontre aussi ici les « multi-potentiels », « multi-passionnés », qui développent de nombreuses activités sans s’engager vraiment, avec le risque d’épuisement en plus. On touche là à la mode des « slasheurs », qui aiment papillonner, ne pas s’enfermer dans une expertise, et qui souvent peinent à vraiment trouver un sillon à creuser.

 

Transformer une passion en activité, c’est risqué. Et de la passion au quotidien, là où cette dernière doit se déployer en « business », il y a souvent un gouffre. La passion donne l’illusion que tout sera facile. Après tout, on a pris tellement de plaisir dans le champ des loisirs, et on a même testé un « vis ma vie », alors c’est l’idée du siècle. Mais la transposition dans un modèle de business qui doit prendre en compte une demande, des clients, des charges, des contraintes… fait déchanter plus d’un apprenti passionné.

 

La passion peut être un socle solide dans une reconversion, mais d’après ce que j’observe, c’est loin d’être une règle.

 

La reconversion est une voie exigeante, une voie qui nécessite à la fois un plein engagement et une grande patience. C’est une magnifique opportunité de faire le lien entre un passé que souvent on voudrait renier, et un futur où tout redevient possible.

 

Oui, l’enthousiasme est de mise, l’exploration tous azimuths, l’observation de vos passions, l’élan mu par l’inspiration, la grande vision… Et en même temps, il est essentiel de rester bien les pieds sur terre, considérer vos contraintes, être conscient de vos besoins, ne pas fuir les chiffres…

 

La reconversion est une voie tellement singulière…

 

La voie de la conciliation

Il s’agit de concilier un désir souvent profond de « couper » avec ce qu’on faisait avant, et la nécessité de continuer à tisser ce fil. Car dans ce parcours passé se trouvent bien des trésors à exploiter. Pourtant l'élan premier est souvent de tout rejeter, dans un grand mouvement de balancier. C'est parfois nécessaire, avant de trouver un équilibre.

Concilier et réconcilier passé et futur.

 

La voie des confluences

La passion ne suffit pas (cf plus haut !). Votre voie se trouve là où se rencontrent vos aspirations, vos valeurs, vos talents, vos besoins, et ce dont le monde (et vos futurs clients) ont besoin.

La confluence de tant de chemins qui convergent vers cette nouvelle voie à tracer.

 

La voie de l’identité

Une reconversion est tellement plus qu’un simple changement de métier ! Derrière la question : « qu’est-ce que je vais faire ? » se cache la question : « qui ai-je envie d’être ? » Se reconvertir, c’est aller à la rencontre de son identité, par-delà le masque de la carte de visite : qui suis-je vraiment appelée à être ? Et si celle que j’ai été jusqu’à présent n’était pas vraiment moi ?

Une quête identitaire qui souvent génère un sentiment de chaos, avant de « trouver sa voie ».

 

La voie de la patience

Il y a un temps d’exploration large, puis un temps de focalisation, puis parfois on repart pour un tour, ou deux, ou trois… Il est rare que l’on tombe immédiatement sur la « bonne voie ». Y en a-t-il vraiment une ? Il y a ce choix que l’on fait un jour, puis on ajuste, on affine, on bifurque…

La patience est nécessaire, car les graines semées mettent souvent du temps à pousser.

 

La voie de la lucidité

C’est le moment de faire le point sur son parcours, et de voir avec lucidité les réussites, et ce qu’on peut nommer échecs, et qu’il s’agit de transformer en expériences apprenantes. La tentation est grande de ne voir qu’une face de la médaille.

Lucidité sur ombre et lumière, car la nouvelle voie sera d’autant plus claire qu’elle intégrera ces deux composantes.

 

La voie de la joie

Il y a tant de paradoxes dans une reconversion. La peur rode souvent : peur de perdre ce que l’on avait avant, peur de lâcher ses habitudes, peur de l’inconnu, peur de l’insécurité financière… Et la joie est là aussi : joie d’apprendre, d’explorer, de développer de nouvelles qualités, de se dépasser, de grandir…

C’est une opportunité magnifique pour cultiver le « et » : il y a le doute « et » l’enthousiasme, l’inquiétude « et » la joie… et veiller à choisir, le plus possible, la joie !

 

La reconversion peut vite basculer de la jubilation à la désillusion. La pression de « trouver » à tout prix la « bonne voie » est souvent si présente, qu’il est difficile d’avancer avec sérénité.

 

 

J’ai envie de vous dire :

 

Il y a une injonction paralysante dans « trouver ». Il n’y a pas à « trouver » : c’est une rencontre – une rencontre qui vient à vous tout comme vous vous mettez en chemin vers elle.

 

La « bonne voie » n’existe pas. Votre voie, c’est celle qui vous permettra d’exprimer davantage qui vous êtes, à ce moment de votre vie. Rien n’est définitif, vous avez le droit de changer, et votre voie aussi ! N’est-ce pas apaisant ?

 

Et si vous vous posez la question d'un accompagnement, parlons-en ! Je vous propose une session au téléphone, gratuite, pour clarifier si c'est le bon accompagnement et le bon moment pour vous (places limitées et réservées aux femmes vraiment motivées !)

Je sollicite une session clarté ici.

 

Anne-Valérie

Joyissime

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