Les joies de l'entrepreneuriat

Pourquoi avez-vous décidé d’être entrepreneure ?


Je suppose que cela tourne autour de ces raisons :


Pour être libre (et cela recouvre diverses motivations : ne plus avoir de patron, pouvoir travailler d’où vous voulez, vous organiser à votre guise…)

Pour avoir un travail plus riche de sens

Pour que vos revenus ne dépendent plus du bon vouloir d’une entreprise extérieure

Pour reprendre le pouvoir sur votre vie

Pour avoir plus de temps pour vous

Pour contribuer à changer le monde

Pour laisser une trace

...


Si on considère toutes ces raisons comme des perles que l’on enfile pour former un collier, celui-ci pourrait bien se nommer « joie ». Fondamentalement, nous voulons ressentir plus de joie.


Et l'entrepreneuriat est une voie royale pour ça, et pourtant pas un long fleuve tranquille.


Certains appellent ça la quête du bonheur. Je préfère parler de la joie.


La joie, c’est quoi ?


La joie est une émotion, qui se manifeste dans tous les aspects de notre être : notre corps exulte et notre esprit est transporté. Le bonheur est plus discret.

La joie alimente le feu de notre vitalité.


Le bonheur semble difficile à conjuguer au présent. Nous le percevons souvent comme une quête, un graal à découvrir.

La joie s’expérimente dans l’instant, sans attendre que demain, peut-être, de meilleures conditions soient réunies.


Elle est sensation physique, elle nous met en mouvement, nous indique une direction, nous fait nous sentir bien vivants, ne fut-ce que pour un instant.


Ah, la joie !…

Sa diminution m’a fait quitter la banque et un poste en or en 2009.

Sa disparition m’a fait fermer ma première entreprise en 2013.

Sa boussole est ce qui me guide depuis lors.


J’ai choisi d’être entrepreneure parce que c’est pour moi une voie fabuleuse pour créer la vie que je désire, et grandir en chemin.


Et c’est un chemin où il n’y a pas que d’la joie !... Pourtant dans les défis que je rencontre chaque jour, c’est justement là que je m’entraîne à davantage souffler sur cette flamme de la joie pour l'attiser.


Voici la définition que Spinoza donne de la joie : « passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection ». Le philosophe souligne ainsi combien la joie est liée aux expériences qui nous permettent d’apprendre, de progresser, de nous dépasser. La joie est le signe que nous augmentons notre puissance vitale et que nous évoluons un peu plus vers l’expression de notre potentiel.


N'est-ce pas là précisément ce qui se joue pour les entrepreneures : expérimenter, tomber, se relever, se dépasser ?



La joie : ma boussole d’entrepreneure


La boussole de la joie ne ment pas. Elle ne perd jamais le nord. Seulement, son maniement nécessite un entrainement : celui qui consiste à écouter les messages envoyés par le corps. Car la joie s’exprime avant tout par notre grande antenne corporelle. En nous branchant sur cette fréquence, nous nous mettons à l’écoute des conseils les plus judicieux pour nous. Dans le tumulte du quotidien, cela nécessite de prendre du temps pour ralentir, écouter, ressentir.


Quand j’ai lancé ma première entreprise, une fois passée la phase d’enthousiasme liée à la nouveauté et à la pure créativité, très vite la joie s’est envolée.


Je pourrais citer beaucoup de raisons à cela. Elles tournent autour de ce que je peux enfermer dans l'expression de « non-alignement » : mes valeurs n’étaient pas mises à l’honneur et mes talents étaient étouffés.


Aussi, j’étais empêtrée dans un fatras de peurs, dont une bien particulière qui souvent freine les entrepreneures : la peur de l’échec. Cette peur-là, quand elle devient envahissante, ne laisse guère d’espace à la joie.


Etre entrepreneure, être une entrepreneure épanouie et en joie, cela nécessite d’accepter l’échec.

Il faut apprendre à échouer.

Les personnes qui ont le plus de succès ont aussi le plus d’échecs.

Pour augmenter votre capacité à réussir, vous devez accroître votre capacité à échouer.


Et attendez-vous à ce que votre cerveau résiste, sous la forme de pensées catastrophistes : vous risquez bien de mourir en prenant ces risques inconsidérés ! Il déteste l’idée de l’échec, qui dans la perspective de l’évolution signifie : danger de mort.


Pourtant, toutes les personnes qui crèvent des plafonds et font avancer l’humanité le font en traversant des échecs.


Votre progression ne repose pas sur les victoires, mais sur les essais, les tentatives. C’est là que vous apprenez ce qui marche et ne marche pas.


Une offre qui fait flop, des posts sur les réseaux sociaux qui récoltent des critiques, un lancement sans aucun client… Ce sont juste des feedbacks, ceux qui vous permettent de vous réaligner.


Quel sens donnez-vous à l’échec : je suis nulle, ou je grandis ?



Pourquoi est-ce que souvent la joie n’est pas là pour les entrepreneures ?


La joie s’en va ? On (et je me mets dans ce « on ») a tendance à accuser FaceBook qui ne montre pas notre post, les prospects qui ne comprennent rien, les partenaires qui ne font pas ce qu’on voudrait, le banquier rigide…


C’est leur donner tout votre pouvoir ! Avez-vous vraiment envie de les laisser décider de votre état émotionnel ?


Personnellement, je préfère faire le travail intérieur (oui, c’est du travail !) pour me réapproprier mon pouvoir dans mon vaste royaume intérieur.


Ce travail recouvre de nombreux domaines. Quand vous vous engagez sur cette voie, vous êtes certaine de ne jamais vous ennuyer ! Je vais juste en citer certains, que je vois fréquemment entraver la joie des entrepreneures que j’accompagne :


- Les croyances limitantes sur l‘entrepreneuriat


Ces croyances sont pléthore, et elles sont souvent exacerbées quand on devient entrepreneure, sans cadre et sans limites, si ce n’est celles qu’on se choisit.


« Il faut travailler dur pour réussir »

« Il faut être une femme parfaite, et donc se sacrifier pour les autres d’abord »

« Etre entrepreneure c’est dur »

« Le succès ça se mérite »…


Il est essentiel de débusquer ces filtres qui nous limitent : les ramollir, les transformer, les choisir.


- Le syndrome de l’imposteur


Tant d’entrepreneures restent bien cachées chez elles, car elles ne se sentent pas légitimes, ce quels que soient leurs diplômes, certifications, expériences… Elles attendent la prochaine formation pour oser se montrer, mais ce n’est jamais assez.


La joie vient dans le dépassement, y compris celui de ces paravents !


- Le rapport à l’argent


Devenir entrepreneure, c’est faire un grand saut dans l’inconnu, et apprivoiser l’insécurité financière. On ne sait jamais avec certitude de quoi sera fait le mois suivant. Cela peut sembler terrifiant.


Beaucoup de femmes ont une relation compliquée avec l’argent, qui se cristallise quand elles deviennent entrepreneures. J’ai fait ce travail de transformation (un énorme chantier !), pour renouer avec la joie de créer de l’argent dans le flow, en créant de la valeur pour mes clientes, et au-delà.



Comment cultiver la joie au quotidien quand on est entrepreneur, avec tous les défis qu’il y a sur le chemin ?


D’abord, nous pouvons créer des conditions favorables, comme une invitation à la joie pour qu’elle vienne nous rendre visite. Vous ne pouvez pas la convoquer, mais l'inviter avec délicatesse.


Si notre maison est barricadée, ou le climat intérieur peu engageant, il y a peu de chances que la joie advienne. Nous devons être dans une posture favorable, une posture d’accueil. Il est de notre ressort de cultiver un état d’esprit propice.


Je parle dans mon livre « Osons la Joie au Travail » de dix attitudes intérieures, qui favorisent l’émergence de la joie :


Présence

Intention

Acceptation

Confiance

Agilité

Equanimité

Bienveillance

Auto-compassion

Curiosité

Persévérance


Aussi nous pouvons apprendre à davantage ressentir et apprécier la joie, quand elle est là. La joie est parfois tapageuse et alors elle est évidente. Parfois elle est plus discrète ; nous pouvons alors ne pas même la percevoir, si nous ne sommes pas présents à ce qui nous traverse. Il s’agit ici de cultiver notre aptitude à ressentir et savourer, en ayant conscience que ce moment-là ne durera pas.


Un nouveau client s’engage ? Je célèbre.

Je reçois un mail encourageant ? Je me réjouis.

Une inspiration me traverse ? Je jubile.



Quel est le lien entre réussite et joie ?


La joie s’invite quand nous orientons notre énergie vers l’effort, quand nous nous concentrons dans le dépassement, quand nous exprimons le meilleur de nous-mêmes. Quand nous croissons en dépassant nos limites actuelles.


J’invite – j’incite même – mes clientes à voir plus grand, à étirer leurs objectifs, à oser grandiose.


Oui, cela va nécessiter de sortir d’un certain confort, de traverser des peurs, d’oser des trucs incroyables.


Et il y a de la joie dans l’effort et le dépassement.


Lorsque nous réussissons quelque chose, nous ressentons de la joie. C’est plus l’effort fourni que sa conséquence, le succès, qui en est la source. L’effort peut consister à explorer des sujets inconnus, nous exprimer quand nous n’osons pas nous affirmer face aux autres, exceller sur un dossier difficile, nous exposer en public quand nous sommes timides…


Tous ces verbes commençant par ex indiquent qu’il s’agit d’aller vers l’extérieur. Osant sortir de notre zone de confort, nous nous donnons la possibilité de découvrir de nouvelles sources de joie.



J’observe souvent chez les entrepreneures une quête : avoir davantage le sentiment d’être soi, d’exister.

Le sentiment d’être soi est source de joie. Il se nourrit de la conscience de nos qualités, de nos talents, de nos valeurs, de tout ce qui constitue nos richesses personnelles.


Le verbe exister vient du latin exsistere, signifiant : sortir de, se manifester, se montrer.


N’est-ce pas là ce que nous faisons en tant qu’entrepreneures ?



La joie, comme l’entrepreneuriat, c’est un choix courageux.


Ce choix m’invite à devenir chaque jour un peu plus cette femme que j’aspire à être : plus courageuse, plus créatrice, plus aimante.


Alors, quel choix posez-vous ?



Si le mot JOIE résonne pour vous, vous allez adorer mon invitation !


Je participe au Sommet de la Joie, une magnifique initiative pour (re)connecter à la joie

21 experts mondiaux partageront leurs conseils et outils concrets pour retrouver la joie personnelle ou professionnelle, et lever vos blocages.


Le Sommet se déroule du 31 mai au 6 juin. Vous me retrouverez le 2 juin pour une conférence sur « Les joies de l’entrepreneuriat ». Cet événement est organisé au profit des Café Joyeux