Et si on cessait de bannir la banalité ?

Nos aspirations à une vie fabuleuse, à une relation amoureuse magique, à des expériences extraordinaires... se heurtent souvent à la banalité du quotidien. On nous livre des histoires héroïques, on entend qu'en y croyant très fort nos rêves se réaliseront... et on est finalement confrontés au face à face avec la normalité de nos journées.

 

Et si le secret du bonheur résidait dans un autre regard porté sur l'extrême banalité du quotidien ?

 

Le virus de l'extra-ordinaire
 

Aimer la banalité ? Cette invitation semble presque provocante. Tout nous pousse à rêver à une vie meilleure, qui serait meilleure une fois que nous aurons acheté tel objet, visité tel pays, eu enfin le travail idéal... Tout ceci, c'est pour demain. Et le bonheur aussi, alors ?

 

Ce désir de fuir la banalité se cristallise souvent dans les relations amoureuses. On voudrait un amour parfait, un amour sous contrôle, un amour rouge passion. Alors, quand les nuages gris de la banalité passent sur la relation, on s'interroge : l'amour est-il toujours bien là ? Ne doit-il pas prendre la forme de sentiments exaltés et d'envies débridées ? L'amour est idéalisé. Ne devrait-il pas être normalisé ? Dans cette vision magnifiée de l'amour, dès que des difficultés surviennent, on cherche à remettre une touche d'extraordinaire dans la relation : partir en voyage, changer de maison... Il ne s'agit que d'une touche colorée sur le tableau de la banalité, qui reprend vite tout l'espace. Fuir le quotidien est une course perdue d'avance. Alors autant essayer de s'y reposer, bien éveillés.

 

Avec les enfants, nous ne cessons d'être émerveillés par leurs progrès, leur développement. Pourquoi ne portons-nous pas ce même regard émerveillé sur le conjoint qui fait partie du paysage depuis tant d'années ? Nous pensons le/la connaître par coeur. Et si, justement, en mobilisant un peu les yeux du coeur, nous parvenions à voir le meilleur ? (... ou "Etre heureux se conjugue au présent", voir le précédent article).

 

Dans le champ du travail, de nos loisirs, de nos vacances, ce même virus de l'extra-ordinaire se glisse. Cette quête est évidemment vouée à l'échec et à la frustration. La vie est ainsi faite qu'elle offre des moments de grâce déposés sur le fil des journées ordinaires. Et si tout n'était que grâce intense, nous n'en aurions sans doute même plus conscience !

 

 
La magie de l'ordinaire
 

Alors, la magie n'est-elle pas à chercher plutôt dans le quotidien, en réhabilitant ce qui a perdu toute saveur ? Ce chemin passe par trois étapes. Il commence par l'acceptation que la magie se cache dans l'ordinaire. Ensuite, il est nécessaire de lâcher prise sur le désir de contrôler ce qui advient, de vouloir changer ce qui est là. Tout n'est pas merveilleux en permanence, et tout n'a pas besoin de l'être. Puis est nécessaire l'appréciation de toutes ces petites choses qui embellissent chaque journée - pour peu qu'on ait les yeux écarquillés.

 

Cette appréciation est un apprentissage. Cela commence par ralentir : on ne peut pas voir les détails du paysage dans un TGV lancé pour atteindre ses records de vitesse. En ralentissant, notre capacité d'émerveillement se déploie. Les menus détails qui nous échappaient prennent une saveur nouvelle : le café partagé, le film regardé ensemble, les rituels du week-end... Certains "exercices" peuvent aider à cultiver cette nouvelle attitude. Par exemple, entraînez-vous à remarquer cinq nouveaux éléments de votre environnement, quand vous sortez de chez vous ; ou encore efforcez-vous (si c'est un effort !) de noter cinq facettes que vous ignoriez chez votre conjoint, ou ce collègue de travail. 

 

Il peut y avoir de la beauté dans la banalité. La banalité est même prête à dévoiler sa beauté, pour peu qu'on l'observe avec curiosité.

 

(Si vous êtes curieux d'en apprendre plus sur la curiosité, vous pouvez lire cet article : "Méditer en entreprise : aiguisez votre curiosité !") 

 

 

Pour voir cette beauté, il faut ouvrir les yeux. Un regard aveugle ou endormi ne peut saisir la beauté de l'instant - car c'est précisément dans l'instant présent que la beauté se cueille. Il n'est pas nécessaire de partir au bout du monde pour voir de la nouveauté. Il suffit de poser un regard neuf sur tout ce qui nous entoure. La peine conscience devient ainsi une attitude de vie, et non plus seulement une pratique réservée à ceux qui s'assoient le matin sur un coussin de méditation. Ce regard neuf est un regard porteur d'un pouvoir : celui de donner une vitalité nouvelle à tout ce qui sommeillait dans le tiroir du quotidien.

 

Alors, prêts à savourer les délices de la routine ?

 

Anne-Valérie Rocourt

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