Laissons (toutes) les émotions épicer notre vie !

A l’image de Blanche-Neige, si nous accueillions les sept nains dans notre maison ? Blanche-Neige côtoie sans se poser de questions aussi bien Joyeux que Grincheux ou Timide… Et nous, nous croyons que seuls les nains de la famille du bonheur devraient venir nous rendre visite ! Pourquoi devrions-nous donc ouvrir notre porte aux nains importuns ? Il semblerait bien pourtant que Grincheux et Timide aient des cadeaux à nous offrir...

 

 

L’émo-diversité, c’est bon pour la santé

 

Certes, notre sentiment général d’une vie heureuse est lié à une palette d’émotions agréables – et plus à leur fréquence et à leur variété qu’à leur intensité. Ressentir les frémissements de la joie, voir les couleurs du bonheur, dans leur richesse et leur finesse, contribue au sentiment de bien-être. Ce schéma-là est assez évident. Et en le poursuivant, on a tendance à repousser, fuir, cacher les émotions moins agréables, qui viendraient ternir notre bonheur. Cette tendance est fort fâcheuse.

 

D'abord, les émotions émergent, que nous le voulions ou non. Nous ne pouvons pas contrôler leur irruption. Ensuite, nous nous privons là de précieuses ressources. Les émotions – même et surtout – celles qui nous dérangent, nous livrent de précieuses indications sur nos besoins non satisfaits. Aussi, la richesse de cette palette, incluant les émotions déplaisantes, contribue à notre bien-être. C’est ce que montrent des études récentes, qui explorent ce sujet à première vue paradoxal.

 

Des chercheurs ont exploré la corrélation entre la variété et l’abondance d’émotions, aussi bien agréables (enthousiasme, excitation, gratitude…) que désagréables (colère, anxiété, tristesse…), avec le sentiment de bien-être. Notamment, une étude portant sur 35 000 personnes en France a montré que plus l’émo-diversité est élevée, plus le risque de dépression baisse. Une autre étude, menée auprès de 1 300 personnes en Belgique, a lié l’émo-diversité à une meilleure santé.

 

Découvrez un pan de ces recherches ici.

 

Autrement dit : bienvenue aux émotions désagréables ! Mieux vaut ressentir une bonne colère ou un élan de tristesse de temps en temps, que de voler en permanence dans les cieux du septième ciel. L’inquiétude et la frustration ne compromettent pas notre bonheur. Au contraire, ils y contribueraient !

 

 

S’ouvrir aux couleurs de la palette des émotions

 

A ce stade, les études s’avancent peu sur les raisons pour lesquelles plus notre écosystème émotionnel est varié, plus il est bénéfique. Ce domaine de recherche est encore récent. La voie avait été ouverte en 2011 par une étude de Sonja Lyubormisky portant sur la gratitude. Elle avait montré que l’exercice consistant à rédiger un « journal de gratitude » (identifier régulièrement plusieurs sources de gratitude au cours de la journée) a des effets bénéfiques. Cet exercice a toutefois ses limites : effectué trop fréquemment (une fois par semaine serait optimal) ou trop longtemps, le processus se transforme en routine ennuyeuse, et devient contre-productif.

 

Cette étude avait porté spécifiquement sur la gratitude et les limites de la focalisation sur elle seule. Alors, si on étend l’exploration à l’ensemble de nos émotions, pourquoi serait-il bénéfique de ressentir des émotions « négatives », à contre-courant de tout ce que l’optimisme volontariste pourrait nous laisser imaginer ?

 

Est-ce que cela n’aurait pas à voir avec la présence des émotions comme témoignage de notre humanité riche et entière ? Est-ce que ce ne serait pas en accueillant toutes les composantes de notre vie intérieure que nous pourrions nous épanouir pleinement ?

 

Imaginons un marin sur son bateau, en plein mer, qui dirait : « Mer, je n’aime pas ta couleur aujourd’hui, tu es trop sombre… Vagues, vous m’importunez… Vent, je te voudrais moins fort… Ciel, tu es trop menaçant…Et même toi, mon bateau, tu n’es vraiment pas parfait comme je voudrais… Et puisque c’est ainsi, je vais voguer à moitié, renfrogné, et attendre que des conditions meilleures arrivent pour vraiment avancer vers mon cap ». Ce marin serait vraiment un marin d’eau douce, pas prêt pour naviguer dans les grands et beaux océans.

 

Les vastes océans de nos vies sont balayés par les vents des émotions. Si nous ne pouvons pas maîtriser les vents, nous pouvons apprendre à les reconnaître, observer leurs caractéristiques, et savoir comment mener notre barque en composant avec eux.

 

 

Comment naviguons-nous ?

 

Notre maison intérieure est habitée – et régie – par les émotions, et le plus souvent nous n’en sommes pas conscients. Notre éducation, notre culture nous ont rendus maîtres dans l’art du refoulement, du camouflage. Un homme ne pleure pas, et si une femme peut avoir des crises d’hystérie, elle doit quand même ne pas se montrer trop vulnérable. Aussi longtemps que nous n’apprenons pas à approcher, à ressentir nos émotions, nous évoluons dans la confusion. La prise de conscience est une condition essentielle pour alléger le trouble. Puis, pour plus de légèreté encore, l’étape suivante est d’accueillir, créer de l’espace en soi pour que l’émotion puisse se manifester, puis passer son chemin.

 

La méditation offre un super-laboratoire pour étudier au microscope notre biotope émotionnel. Très souvent, on s’active dans tous les sens, on fait, on projette, on agit, on remplit…. précisément pour s’anesthésier face aux émotions non désirées. Dans le silence et l’immobilité de la méditation, on crée les conditions favorables à une observation attentive. Et dans cet espace propice, les émotions ne tardent pas à pointer le bout de leur nez. On voit alors notre tendance à les nourrir si elles nous attirent, ou les fuir si elles nous déplaisent. Et quelle propension à se raconter des histoires !

 

Un article bienveillant ici, pour apprendre à débrancher le pilote automatique et nous relier à notre paysage intérieur.

 

Aussi, quand les portes et les fenêtres de notre maison intérieure sont ouvertes, on observe que les émotions ne font que passer, pourvu qu’on ne leur serve pas un bon repas. La colère se transforme en rancœur, qui cède la place à la frustration, suivie par un vent de tristesse, qui devient brise de nostalgie, puis une joie paisible arrive, avec dans son sillage un doux contentement… Aucune émotion ne reste bien longtemps, alors pas de panique ! Et savourons la richesse de ce menu, comme dans un restaurant qui nous proposerait une cuisine variée épicée, aux multiples saveurs. Et c’est précisément le mélange de l’amer et de l’acide avec le sucré et le salé qui crée la magie d’un plat. Seules, l’acidité ou l’amertume ne sont pas des saveurs très plaisantes. C’est leur danse avec les autres saveurs qui excite nos papilles.

 

Alors, entrons dans la danse de nos émotions !

 

 

Si vous souhaitez explorer ce sujet, un test est disponible sur le site www.emodiversity.org. Ce test permet une première approche, à envisager toutefois avec prudence. Nous avons souvent des difficultés à identifier nos émotions dans leur finesse, à y associer les justes mots, ou à nous attribuer des émotions que nous ne jugeons pas honorables ou familières. Aussi, ce genre de test peut être teinté par notre état émotionnel du moment.

 

 

Surtout, après avoir fait le test, installons-nous à notre place, au centre de notre maison, et ouvrons portes et fenêtres. La pratique de la méditation offre un magnifique chemin pour entrer en amitié avec les émotions et découvrir les champs de l’émo-diversité. Nous voyons alors que dans notre jardin poussent toutes les plantes de la création.

 

L’émo-diversité, c’est la biodiversité de l’âme. Cultivons-la.

 

Anne-Valérie Rocourt

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